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21-22 mai: la chèvre de Monsieur Seguin dans tous ses états

Un week-end exceptionnel pour rappeler que le fameux conte d'Alphonse Daudet a tout juste 150 ans.

Des ateliers de dessin, de collage, de création de conte.

Un apéritif avec Nicolas Stutzmann qui nous a appris d'autres histoires sur l'origine des ballons... en racontant les dernières pages écrites en résidence dans la maison Daudet.

Une soirée magique où 7 artistes se sont retrouvés pour raconter à leur façon "la chèvre de Monsieur Seguin":

Mathilde Bost, comédienne, a dit le texte de l'auteur - Martin, venu de Chine, a lu quelques pages en chinois - Jude Joseph, et sa version en créole haïtien - El Wayqui, en espagnol et au Pérou avec les lamas - Bertrand N Zoutani, son interprétation prouve bien que ce conte est universel - KPG, en moré, s'est préoccupé également des 6 chèvres achetées avant Blanquette - Nicolas Stutzmann l'a racontée en ballons.

Il y avait au moins 7 chèvres de Monsieur Seguin dans la maison Daudet! Et une fin de soirée en musique...

Le prochain rendez-vous sera le week end du 19 et 18 juin autour du "Curé de Cucugnan"...

et voici le fameux conte de la chèvre... à Champrosay inventé ce week-end:

Une chèvre sur un toit

Autrefois la maison d’Alphonse Daudet à Champrosay était entourée de forêts. L’écrivain y venait en villégiature pour travailler au calme, parmi les arbres et les animaux. Il s’installait derrière sa maison et écrivait ses contes. Un jour, son cousin Timoléon vint lui rendre visite. Il habitait en Provence, à Fontvielle, dans un château. Il y cultivait la terre et élevait des animaux. Il lui apporta un gros panier d’asperges et une chèvre : « Tiens, cousin, tu vas pouvoir manger du bon fromage de chèvre, bien frais ! ». Alphonse Daudet attacha la chèvre à un pieu dans son parc, lui donna le nom de « Blanquette » et retourna à ses livres. Mais la chèvre n’aimait pas du tout sa corde et tirait de toutes ses forces en bêlant. Alors Alphonse Daudet vint lui parler, la caresser… puis repartit à ses livres. La chèvre n’était pas contente du tout : elle s’ennuyait toute seule. Elle recommença à bêler tristement, suppliant Alphonse Daudet de la laisser libre. Mais lui refusait toujours : « voyons, Blanquette, sois raisonnable ! Je ne peux pas te laisser libre, la forêt est dangereuse. Il y a des chasseurs, des braconniers, des voleurs et des voyous ! Et puis, tu m’ennuies à la fin ! Laisse- moi travailler ! ». Et il l’enferma dans la grange, avec la vache. Alors là, Blanquette fut très vexée : « Je n’ai quand même pas fait tout ce voyage depuis Fontvieille pour me retrouver prisonnière ! En Provence, j’étais libre de gambader toute la journée, moi !» Mais la vache lui apprit qu’ici, les animaux étaient tous enfermés à cause des dangers de la forêt. Parfois on oubliait même de venir leur rendre visite, de leur souhaiter le bonjour, d’apporter à manger… « Il faut dire que le monsieur est un grand écrivain et il a toujours la tête à ses histoires ! » ajouta la vache. Mais la chèvre ne l’entendit pas de cette oreille. Elle réfléchit et trouva une idée. « Puisqu’il ne pense qu’à ses histoires… je vais lui en donner une, moi, où je serai l’héroïne », dit elle. Le lendemain, Alphonse Daudet entra dans l’étable pour souhaiter le bonjour à ses animaux. Mais soudain l’inspiration le saisit, et il partit précipitamment, oubliant de fermer la porte. Alors la chèvre se sauva. Elle commença par profiter des herbes du jardin, des salades du potager : « c’est bien meilleur que cet horrible foin qu’on nous donne ! ». Puis elle gambada dans tous les sens, sautant, faisant des cabrioles. Perdu dans ses pensées, l’écrivain ne se rendait compte de rien. Soudain un énorme cri le sortit de sa rêverie. Un « Bêêê » tellement fort, tellement puissant et qui semblait venir du ciel. Alphonse Daudet en fit tomber son crayon, se leva et chercha ce qui peut bien faire un tel bruit. « Y aurait-il dans le bois un monstre ? On dit qu’un lion échappé vit dans le bois… peut-être est-il en train de dévorer des promeneurs ? Ou alors serait-ce un oiseau étrange ? » Il chercha, chercha . Soudain il aperçu Blanquette tout en haut de sa maison, perchée sur le toit! Elle se dressait, fière, et criait de toutes ses forces, visiblement amusée de la réaction de son maître. « Mais que fais-tu là ? », dit-il. « Je suis montée tout là-haut pour mieux surveiller le bois… et je vois arriver une horde de chasseurs à la recherche d’un beau gibier bien gras. Je les entends même : ils disent qu’ils veulent voler la vache car elle est bien grasse ! » Alphonse Daudet était furieux : comment osait-t-on s’attaquer à sa vache ! Il courut dans l’étable et constata que la vache était tranquillement couchée dans le foin. Alors il ressortit et demanda à Blanquette de descendre. Mais la chèvre se trouvait bien là-haut. Elle dominait toute la région et se croyait une vraie reine. « Que mon maître est petit, vu du toit de la maison ! C’est vraiment ridicule de dépendre d’un tout petit homme aussi gros qu’une souris ! » Alors, elle s’amusa à parcourir le toit. Alphonse Daudet était affolé : il pensait que sa chèvre allait tomber. Mais les chèvres sont de bonnes montagnardes et savent très bien se tenir sur les sols en pente. « Descend, Biquette ! S’il te plait, descend ! Je te donnerai ce que tu voudras ! ». « D’accord dit la chèvre » qui en quelques sauts arriva tout à côté de ce brave écrivain. Il la prit par le cou, lui caressa le dos, lui parla doucement, soulagé de retrouver sa chèvre saine et sauve. « Voilà ce que je veux : ma liberté ! Je veux pouvoir gambader où je veux, quand je veux et pouvoir rentrer à l’étable quand bon me semble ! ». Alphonse Daudet avait promis, alors il lui accorda sa liberté mais ajouta : « oui, mais à une condition : ne va jamais dans la forêt, car on peut y rencontrer des gens dangereux… et aussi j’ajoute une autre condition : ne raconte surtout pas ce que tu as fait aux autres animaux : tu imagines la vache perchée tout en haut de la maison ? ». La chèvre accepta et elle vécut libre dans le jardin de Monsieur Daudet. Elle avait même son propre jardin, avec des centaines de salades rien que pour elle. Jamais elle ne s’aventura dans la forêt. Alphonse Daudet repartit à ses écritures. Tout à coup l’inspiration le saisit et il partit dans une rêverie, qu’il transcrit sur son carnet. C’est ainsi que naquit l’histoire de Blanquette. Il remplaça les chasseurs par un loup, le toit de la maison par la montagne… et en fit un conte : « la chèvre de Monsieur Seguin ». Blanquette avait réussi son pari : elle était entrée dans les contes de son maître.

21-22 mai: la chèvre de Monsieur Seguin dans tous ses états
21-22 mai: la chèvre de Monsieur Seguin dans tous ses états
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21-22 mai: la chèvre de Monsieur Seguin dans tous ses états
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21-22 mai: la chèvre de Monsieur Seguin dans tous ses états
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