Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le conteur de Champrosay et le Curé de Cucugnan

les 18 et 19 juin, la maison Daudet ouvrait ses portes à l'occasion du 150ème anniversaire de la première parution du Curé de Cucugnan.

Pendant ce deux jours, les visiteurs ont laissé un dessin, une idée, une parole pour illustrer ce conte et se l'approprier. Ils ont ainsi laissé un tableau (un grand merci à Eva qui a largement collaboré à ce tableau!) et un nouveau conte, largement inspiré des inondations subies par les habitants de Champrosay!

Voici l'histoire:

Le conteur de Champrosay

Autrefois à Champrosay vivaient des familles heureuses de profiter des bois, des champs et du bord de Seine.

Peu à peu les gens se sont laissés aller. Ils ont oublié qu’ils étaient justement venus pour profiter de la beauté de la nature et ils ont commencé à tout salir. Les gens jetaient leurs canettes et leurs papiers sales dans les jardins, sur les bords des routes, et même dans les bassins des propriétés, dans la Seine. Les chemins, la forêt, … tout était devenu sale. Sur les routes, les voitures roulaient très vite, sans faire attention aux piétons. Les enfants étaient en danger dès qu’ils sortaient de l’école pour rentrer chez eux : il y avait des accidents très souvent. On avait tout recouvert de bitume : plus aucun chemin de terre, même dans la forêt, même en bord de Seine. Les gens avaient abattu les arbres le long des routes et le long du fleuve. Finalement on ne pouvait plus circuler qu’en voiture, plus personne ne marchait dans le quartier et la vie était devenue difficile. Mais personne ne s’en rendait vraiment compte : la situation s’était dégradée petit à petit, et tout le monde trouvait ça normal.

C’est à cette époque que l’écrivain Alphonse Daudet acheta une maison à Champrosay. Il voulait retrouver les arbres, la nature et s’en inspirer pour ses livres. Il était justement en train d’écrire un conte : « le curé de Cucugnan ».

Mais tout ce bruit, ces accidents, ces déchets le dérangeaient beaucoup. Il ne savait que faire pour convaincre les habitants de Champrosay de respecter la nature.

Un jour, la pluie se mit à tomber. Mais elle ne s’arrêtait pas. Le niveau de la Seine montait, montait. La Seine débordait. Elle envahissait les rues de Champrosay. L’eau tombait du ciel, remontait du sol ! tout était inondé ! Les caves étaient remplies d’eau, la plupart des maisons étaient pleines d’eau et les habitants durent se réfugier plus haut, emportant ce qu’ils avaient de plus précieux. Tout était trempé, moisi, détruit : les objets, les meubles… Les gens se déplaçaient en barque et montaient sur leurs toits, en faisant bien attention de ne pas glisser, à cause de la pluie.

Toutes les maisons étaient touchées, sauf celle d’Alphonse Daudet. Alors les habitants sont venus le trouver pour lui demander pourquoi lui, il ne souffrait pas des inondations.

La véritable raison, c’est que la maison de l’écrivain était sur la hauteur et que la Seine n’arrivait pas jusque là. Mais Alphonse Daudet n’en parla pas. Il réunit tous les habitants pour leur dire que les arbres, les oiseaux, les fleurs et même les sangliers lui avaient parlé : ils en avaient assez des hommes qui détruisaient, salissaient, méprisaient tout et ils avaient décidé de se révolter. C’est pour cela qu’il pleuvait tout le temps et que la Seine, les sources inondaient tout. Alors Alphonse Daudet expliqua aux gens combien ils avaient tord de ne pas faire attention à leur environnement, à leurs enfants, à leur bien être.

Les habitants reconnurent qu’ils avaient tord. Ils promirent de ne plus nuire à la nature, de réparer leurs erreurs. C’est alors que la pluie cessa, tout-à-coup, comme si elle les avait entendus. Tous les habitants de Champrosay étaient surpris, y compris Alphonse Daudet ! Et si cette histoire était vraie ? Et si Alphonse Daudet avait réellement parlé aux plantes et aux animaux sauvages?

Le jour même, ils se mirent tous à nettoyer les routes, les jardins, les chemins, les bassins, le fleuve…. La Seine rentra dans son lit. Les sources rentrèrent dans la terre. Les gens replantèrent des arbres le long des berges de la Seine et le long des chemins. Ils créèrent des voies pour les bicyclettes, des trottoirs pour les piétons. Ils se mirent à circuler à vélo et à éviter de prendre leur voiture. Puis ils décidèrent de créer une grande fête annuelle : la fête de l’eau. Ils invitèrent des musiciens et des conteurs, des peintres et des comédiens, des clowns et des magiciens… pour faire des spectacles le long de la Seine.

Depuis ce jour, les habitants de Champrosay sont réputés pour leur respect de l’environnement, pour leurs belles fêtes entre voisins, et pour les arbres qui poussent partout et font de l’ombre en été. Ils continuent à se déplacer en barque, mais uniquement sur la Seine, et en bicyclette. Il n’y a plus jamais d’inondation à Champrosay et il y fait bon vivre.

Partager cet article

Repost 0